Uncategorized

05/09/26

Le Joyau d’Hécate

« Reine des carrefours, ô Hécate aux trois visages,
Regarde ce joyau né de la nuit et des âges.
Dans son cœur de terre obscure, ton ombre s’est cachée,
De ses pointes de pure lumière, ta clarté s’est éveillée.
Par le triple éclat de ces ailes d’ambre et d’or,
Ouvre les portes du temps et délie les secrets du sort.
Que la lune noire me guide, que les ombres me soient douces,
Et que sous mes pas, la vérité toujours pousse.
Artémis, Séléné, Hécate… écoutez ma voix,
Et faites briller votre souffle au creux de mes doigts.
»
(charme lunaire d’un poète inconnu)

(Suite…)

02/09/26

Shonali

La première chose qui me fascina chez la jeune femme, ce fut son regard. Elle possédait des yeux d’un vert de jade, clairs et profonds comme deux éclats de lune saisis en plein jour, rendus plus vifs encore par le contraste saisissant avec son teint hâlé. Ses pupilles magnétiques semblaient lire à travers les âmes, portant en elles à la fois lumière et mystère. J’avais l’impression de reconnaître son visage, même si je ne l’avais jamais vu. (Suite…)

01/09/26

Le Spagyriste et la Bohémienne

Dans l’entre-deux-guerres, la figure de l’herboriste de village n’a rien d’officiel. Il s’agit souvent d’une « ancienne », une grand-mère reconnue dans son hameau pour son art de cueillir, sécher et infuser la flore locale. On se presse chez elle pour apaiser les maux du quotidien — toux, fièvres ou coliques — à grands renforts de menthe sauvage, de sauge, de thym ou de consoude. Notre “faiseuse de secrets” partage sa vie avec le droguiste du coin, formant un duo d’apothicaires populaires. C’est à leur fils qu’elle choisit de transmettre ses secrets. (Suite…)

27/08/26

la recette du “Petit Albert”.

Dans « Les secrets du Petit Albert », grimoire magique de colportage, très apprécié depuis le XVIIe siècle, se trouve la recette de la Mandragore magique. Malgré l’interdiction de l’Eglise, ces petits fascicules se vendaient très bien sous le manteau.

L’auteur explique que malgré l’ignorance générale des campagnes, certains villageois possèdent des secrets surprenants pour faire fortune grâce à ce qu’ils appellent des mandragores.

Le narrateur raconte avoir logé chez un paysan autrefois misérable, devenu subitement très riche. Ce dernier lui avoue avoir sauvé une Bohémienne qui allait être battue pour le vol de quelques poulets. Pour le remercier, elle lui a enseigné le secret de la mandragore. Depuis ce jour, sa chance n’a cessé de croître au jeu et dans le commerce.

La méthode de la Bohémienne consiste à déterrer une racine de bryone* (une plante mimant la forme humaine) un lundi de printemps sous une bonne configuration astrologique (Lune conjointe à Jupiter et favorable à Vénus). Il faut ensuite enterrer cette racine pendant un mois dans la tombe d’un mort, l’arroser chaque matin avant l’aube avec du petit-lait où ont été noyées trois chauves-souris, puis la faire sécher au four et la conserver dans un linceul mortuaire.

*la Bryone est plus facile à trouver dans nos régions que la véritable mandragore. Cette dernière pousse dans les régions méditerranéennes.

Le texte évoque une autre sorte de mandragore, assimilée à des farfadets ou esprits domestiques invisibles. Le narrateur raconte avoir vu dans un château une étrille (brosse pour chevaux) s’activer toute seule sur la croupe d’un cheval. Le palefrenier lui explique qu’il s’est attaché les services de cet esprit pour vingt ans en signant un pacte avec le sang d’une poule noire, sacrifiée et enterrée à un carrefour.

Enfin, l’auteur rapporte avoir vu à Metz, chez un homme de confession juive, un petit monstre pas plus gros qu’un poing qui n’a vécu que cinq semaines mais a fait la fortune de son propriétaire en lui révélant en rêve l’emplacement d’un trésor caché. La recette, attribuée au médecin perse Avicenne, consiste à vider un peu de blanc d’un gros œuf de poule noire, à le remplir de semence humaine, à le sceller avec du parchemin, puis à le faire couver en mars sous les influences de Mercure et de Jupiter. À l’éclosion, la créature doit être nourrie dans une pièce secrète avec des graines d’aspic (lavande) et des vers de terre. Après sa mort, elle est conservée dans un bocal rempli d’esprit-de-vin (alcool fort).

Mandragore

17/08/26

Mandragore

Dans les collections du Surnatéum repose la malle aux poisons de Sara, une drabardi,  herboriste magicienne, sorcière (chovihani) et diseuse de bonne aventure de tradition manouche (Sinti/Romani).

Entre les pages du livre des remèdes caché dans ce coffre, traîne un billet de 5000 drachmes grecs de 1932. Nous nous sommes longtemps demandé ce que cette somme importante faisait là. En examinant soigneusement les artefacts de Sara E Kali, nous avons trouvé des lames de silex, un fin couteau à manche d’argent et tranchant de nacre, une petite trompette de poche, une boîte vide de boules Quiès, un fragment de racine de mandragore, de la gaze hydrophile. Un second panier contient un os iliaque fossile de cheval et un bois fossile de mégalocéros. Il servaient probablement de « pelle » et de pic pour creuser le sol près de racines ne pouvant être cueillies à l’aide d’outils en fer. Tout doucement, le puzzle a commencé à s’assembler.

(Suite…)

10/08/26

Le chemin des perles

Dans le coffre aux poisons de la drabardi (voir Prikaza, lien dans le texte) se trouve un étrange chapelet de sorcière (début XIXème siècle) dont l’utilisation précise nous a longtemps intrigué. Outre le fait qu’il sert à répéter les incantations et les psaumes traditionnels utilisés par les guérisseuses, nous avons découvert un usage inattendu que nous appellerons « le Chemin des Perles ». (Suite…)

29/07/26

petite boîte à Glossopètres.

Les glossopètres, ou langues de serpents, sont des objets en pierre avec une extrémité bifide qui préviennent les empoisonnements et facilitent les accouchements.

Au Moyen Âge et à la Renaissance, ces dents de requin fossilisées étaient appelées « langues de serpent ». En raison de leur forme, la croyance populaire affirmait qu’elles provenaient de serpents pétrifiés.

Elles étaient utilisées par la noblesse et la bourgeoisie comme talismans et contrepoisons de deux façons principales :

Pour la détection : On croyait qu’elles se mettaient à suinter ou à changer de couleur en présence de poison dans les aliments ou les boissons.

La neutralisation : Elles étaient parfois grattées en poudre pour être ingérées comme antidote, ou montées sur de grands arbres d’orfèvrerie en corail ou en argent appelés languiers qui trônaient sur les tables royales.

La boîte est en argent.

11/07/26

le Masque de Médée

Ce superbe masque (prosopon) en papier mâché (carton romain) est un chef-d’œuvre inspiré du théâtre greco-romain antique ou des sculptures de l’art étrusque. On le date vers 1890/1900. Le haut de la tête est paré d’un diadème en tissu et en corde de chanvre, prolongé par de longues tresses pendant de chaque côté. Ce type de coiffe imposante en hauteur rappelle les coiffures portées lors des tragédies antiques ou par les divinités et les reines. (Suite…)

02/07/26

Netsuke d’Ōishi Yoshio

Ce netsuke en ivoire signé Kōichi (光一) représente le célèbre samouraï Ōishi Yoshio, également connu sous le nom d’Ōishi Kuranosuke. C’est le chef historique des célèbres quarante-sept rônins engagés dans la légendaire vendetta d’Akō en 1703. (Suite…)