Dans le vaudou haïtien, un bokor (ou bôkò, féminin: Caplata) est un praticien de la magie, souvent associé à la sorcellerie ou à la magie noire, qui se distingue du prêtre vaudou traditionnel (le houngan ou la manbo). (Suite…)
J’ai reçu d’un ami, quelques graines provenant d’Haïti.
Ces objets sont des graines d’une liane tropicale massive appelée Entada gigas, communément connues sous le nom de cœur de la mer, fèves de mer ou wawa. (Suite…)
Je suis né en 1957, sous le soleil de plomb du Congo belge.
Pendant des décennies, le souvenir de mon père, vétéran des pistes, ayant sillonné chaque recoin de cette terre indomptée pour le compte de la Shell, est resté lié à un mot mystérieux : “Biloko“. Pour lui, ce n’était qu’un terme trivial en lingala, désignant les maigres possessions ou les babioles qu’un homme transporte dans son paquetage au fil des fleuves. (Suite…)
L’objet est un spectre. Rare, fuyant, presque une légende urbaine que les collectionneurs s’arrachent dans les arrière-boutiques poussiéreuses d’eBay ou les cercles fermés de l’occulte. Vo Du Ma Gick, signé de Baba Gede Nibo, n’est pas un de ces manuels de prestidigitation pour amuser les salons bourgeois. C’est un grimoire d’atmosphère, un traité de théorie et de récits qui transpirent la sueur et le mystère de la terre haïtienne. (Suite…)
L’odeur de la terre mouillée et de l’ozone se mêle à celle du rhum agricole. Dans l’ombre d’un houmfor où l’air pèse comme un secret d’État, les pyè loray* ne sont pas de simples cailloux. Ce sont les restes d’un monde englouti, celui des Taïnos, des projectiles de fureur lancés par les cieux pour s’ancrer dans les racines de notre sol. (Suite…)
Le crépuscule en Haïti n’est pas une fin, c’est une éclosion. Quand le soleil sombre derrière la ligne de mer comme un fruit trop mûr qui s’écrase, une autre topographie se dessine. C’est l’heure où la peau humaine devient une prison trop étroite.
L’ombre des Montagnes Noires s’étirait sur Ennery. Ce jour-là, en 1907, le sol de l’Artibonite semblait plus lourd qu’à l’accoutumée. On descendait dans sa tombe Felicia Felix-Mentor, vingt-neuf ans, fauchée en pleine sève par une maladie dont les symptômes ne se trouvaient dans aucun manuel de médecine. Mais se lisaient clairement dans les murmures terrifiés du voisinage : l’envoûtement. (Suite…)
Le matin, à l’heure précise où le brouillard bruxellois semble s’accrocher aux vitres comme un linceul humide, un martèlement sourd — Tomtomtom — s’élève des entrailles de notre demeure. À six heures, alors que le monde n’est qu’ombres, les radiateurs s’éveillent en une plainte métallique. En hiver, on y verrait la simple humeur du fer se dilatant sous la vapeur ; mais même durant un été étouffant, le phénomène confine au prodige, sinon au tourment.