A.N.A.N.I.S.A.P.T.A

Talisman du XVIe ou XVIIe siècle, en alliage plomb/cuivre, de protection contre le peste et les maladies en général. Dans l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert de 1751 (et également dans le Dictionnaire Infernal de Collin de Plancy – 1825/26) on explique.

A.N.A.N.I.S.A.P.T.A, terme de Magie, espèce de talisman ou de préservatif contre la peste, l’épilepsie & les autres maladies contagieuses, qui consiste à porter sur soi ce mot écrit a.n.a.n.i.s.a.p.t.a. Delrio le regarde comme un talisman magique, & fondé sur un pacte avec le démon, & le met au nombre de ceux qu’on portoit comme des préservatifs contre les fièvres pestilentielles, & qui étoient conçus en trois vers écrits d’une certaine manière qu’il n’explique point, & dont il ne cite que celui-ci.Ananischapta ferit, mortem quæ lædere quærit

Il en cherche l’origine dans le Chaldéen ou l’Hébreu חנני, choneni, miserere mei, & שופט, schophet, par lesquels on implore la miséricorde d’un Juge, mais non pas celle de Dieu. Ana, אנא, ajoûte-t-il, dans les mystères de la cabale, signifie un esprit où sont les notions innées, & auquel préside l’ange que les cabalistes appellent ענים, anim, qui manifeste à l’homme la vérité ; d’où vient le mot [texte hébreu], henag, que d’autres prononcent ana, & qui signifie idole ; d’où vient [texte hébreu], anani, divination, & schaphat, [texte hébreu], qui signifie que cette idole ou ce mauvais ange, juge que la maladie naît de maléfice, & en indique le remede. Il dit encore que les cabalistes ont voulu mettre dans le mot ananisapta, autant de mots différens, qu’il y a de lettres, & qu’ainsi ce mot signifie A. antidotum, N. Nazareni, A. auferat, N. necem, I. intoxicationis, S. sanctificet, A. alimenta, P. pocula, T. Trinitas, A. alma. Qui signifient que la mort de Jesus-christ qui a été injuste de la part des Juifs, frappe de la part de Dieu la mort, c’est-à-dire, le démon, &c. & il traite cette explication de rêverie : la sienne est un peu plus savante ; c’est au lecteur à juger si elle est plus sensée. Delrio, disquisit. magicar. Lib. III. part. II. quæst. 4. sect. viij. pag. 463. & 464. (G)

On retrouve également les mots Tetrag(r)amaton (sic), Agla, Jesus Christus, Emmanuel… qui lient le talisman à Dieu.

Tetragrammaton: Le tétragramme YHWH (יהוה) est un nom hébraïque  se composant des quatre lettres  yōḏ  (י),   (ה), wāw  (ו),   (ה). Le terme de « tétragramme » vient du grec  et signifie « mot de quatre lettres

AGLA:  Atah Gibor Le-olam Adonai, Seigneur Dieu, tu es puissant et éternel.

Iechoua: Jésus, Dieu est Sauveur.

Emmanuel: aimé de Dieu

Les différents signes ‘kabbalistiques’ (sceaux d’anges et de démons) et la présence d’un Sceau de Salomon ou Pentagramme indiquent plutôt une origine kabbalistique qu’alchimique ou astrologique.

En conclusion, nous sommes quasiment certain qu’il s’agit d’un talisman Goétique (Magie Noire) de la fin du XVIe / début XVIIe siècle, servant de protection contre les maladies, en particulier la Peste.

| Revenir aux articles

19/04/14