sporán na scillingi

(le shilling inépuisable).

Un leprechaun est une petite créature humanoïde issue du folklore irlandais. Mesurant moins d’un mètre, il appartient au « petit peuple » et s’apparente aux fées, elfes ou farfadets. Il est aujourd’hui devenu l’un des symboles culturels majeurs de l’Irlande et l’emblème incontournable de la fête de la Saint-Patrick.

C’est une créature solitaire. Traditionnellement, son métier est de fabriquer et réparer des chaussures, une tâche associée à la prospérité dans l’Irlande médiévale.

Dans la mythologie celtique, le Leprechaun possède traditionnellement deux bourses en cuir :

La première bourse contient un shilling d’argent magique (sporán na scillinge). Peu importe combien de fois il l’utilise pour payer, la pièce revient magiquement et instantanément se blottir au fond de sa poche.

La deuxième bourse contient une pièce d’or. Celle-ci sert de monnaie d’échange ou de pot-de-vin si un humain parvient à capturer le Leprechaun. Cependant, c’est un piège : dès que le lutin est libéré, la pièce d’or se transforme instantanément en cendres ou en feuilles mortes.

Si un humain parvient à capturer un leprechaun, la créature est obligée de lui accorder trois vœux en échange de sa liberté.

Pour obliger le lutin à vous remettre cette pièce magique, vous pouvez également lui voler sa chaussure. Ensuite, vous devez fixer le Leprechaun droit dans les yeux sans ciller, sans regarder ailleurs, ne serait-ce qu’une fraction de seconde. Pendant que vous le maintenez sous votre regard, ordonnez-lui de vous remettre sa bourse en cuir contenant le shilling d’argent.

Même si vous réussissez cet exploit et qu’il vous donne la bourse, méfiez-vous. Le folklore rappelle que la magie des fées se retourne souvent contre les humains trop cupides. Le shilling pourrait très bien fonctionner quelques fois, puis perdre sa magie si le Leprechaun parvient à vous jeter un sort à distance pour briser le lien.

Ne pouvant pas supporter de voir son chef-d’œuvre entre des mains humaines, le Leprechaun est prêt à négocier. Vous pouvez alors lui proposer un marché : sa chaussure contre sa bourse au Shilling inépuisable.

Toutefois, pour transformer ce vol en transaction correcte, proposez-lui de placer une pièce en argent de 6 pence dans sa chaussure. Il y a une condition majeure : la pièce de 6 pence doit être en argent véritable.  (Six pièces d’un penny en cuivre serait insulter le leprechaun et franchement, mieux vaut ne pas essayer.)

Puisque vous avez laissé un paiement honorable, le Leprechaun ne viendra pas détruire votre maison (ils peuvent être très vindicatifs). Il va venir à votre rencontre pour négocier. Il déteste savoir que son œuvre d’art (sa chaussure enchantée) est entre les mains d’un mortel.

Lorsqu’il se présentera pour récupérer sa chaussure, vous pourrez lui dire :

« Je te rends ta chaussure, et tu peux garder les 6 pence. En échange, donne-moi ta bourse au shilling magique. »

Comme le commerce a été entamé de manière « polie » (avec le dépôt initial des 6 pence), le Leprechaun sera beaucoup plus enclin à faire un pacte magique honnête plutôt que de tenter de vous duper avec une illusion. Dans la mythologie irlandaise, les fées respectent scrupuleusement la parole donnée lors d’un contrat commercial clair.

Mais vous pouvez aller plus loin et négocier d’autres compensations, après tout vous avez droit à trois vœux. Par exemple, conserver la chaussure et le laisser en réparer une autre, mais chaque fois que vous demanderez un peu de chance, vous replacerez une pièce d’argent dans la chaussure. Idéal si vous voulez gagner au jeu. Vous pouvez également marchander la bourse : chaque fois que le shilling reviendra, il emportera le contenu de la bourse où il était placé. Mais, les pièces doivent toutes être en argent. (Et non, ça ne fonctionne pas avec des cartes bancaires.)

La formule traditionnelle (à dire en tenant fermement la chaussure) :

« Par le cuir et le marteau, je te rends ton œuvre. Donne-moi ta bourse au shilling d’argent, sans malice, sans illusion, et sans regret. Que cette pièce reste d’argent véritable dans ma main, et qu’elle y revienne à chacun de mes paiements. L’échange est scellé, le pacte est lié. »

Mais le pacte ne s’arrête pas là. Dans les campagnes irlandaises, un contrat avec le Petit Peuple ne se valide pas par une poignée de main classique (le contact physique prolongé avec eux peut vous faire basculer dans leur monde).

Pour valider la formule : Vous devez mouiller votre pouce avec un peu de salive. Le Leprechaun fera de même. Vous devez presser vos deux pouces l’un contre l’autre brièvement en disant : « Done! » (C’est fait !).

Enfin, ne dites jamais  “Merci” : Chez le Petit Peuple, dire merci implique que vous avez une dette envers eux, ou qu’ils vous ont fait une aumône. Cela annule le concept de “transaction commerciale” que vous avez instauré avec la pièce de 6 pence. Dites plutôt : “L’affaire est bonne” ou “Le compte y est”.

Certaines personnes cachent parfois cette chaussure dans les murs d’une maison pour la rendre prospère. Mais c’est une autre histoire.

Le Bonimenteur de fées

Objets Cachés

| Revenir aux articles

13/09/26