le Géant de Kirkenes (Jötunn)

Hiver 1940/41, le 11 novembre 1940 (pour être précis) Kirkenes au nord de la Norvège occupée, dans le cercle polaire arctique.

Les membres de la Wehrmacht – (der “Fünfprobablement  la Luftflotte 5 (ou le Jagdgeschwader 5* en devenir) – fêtent Fasching, le carnaval. Le froid est intense et mordant, mais ça ne les empêche pas de faire la fête. Certains soldats,  déguisés en “sauvages” et montés sur leurs skis, prennent la pose avant de rejoindre la parade, lorsqu’un étrange personnage, très grand et l’air peu commode, les rejoint…

Il porte un masque effrayant monté de bois de renne qui allongent encore sa silhouette. Quant au costume, il est difficile à décrire entre vêtement de sorcier et guenilles emmêlées, couvert de breloques et de pendentifs bizarres…

Mais est-ce réellement un déguisement?

Il n’a pas de skis et se déplace sur la neige d’un pas très assuré et silencieux. Werner a le temps de prendre une photo. Une seule, car son film est en bout de course.

En entendant le déclic de l’appareil, le « masque » se retourne et fixe le soldat de ses énormes yeux morts. Puis il s’approche de lui. Le photographe est paralysé par une terreur incontrôlable, il ne distingue rien d’humain dans la créature géante qu’il a devant de lui, mais entend un simple mot « Ragnarök* » , prononcé d’une voix caverneuse. Un petit objet se détache de son costume et atterrit dans la neige, mais le personnage ne s’en préoccupe pas. Il fait demi-tour et s’en va, laissant les hommes médusés…

La rencontre n’a duré que quelques minutes.

Werner ramasse un petit masque en os apparemment très ancien qui ressemble à première vue à un petit crâne ou à une face hallucinée à la bouche cousue. Une copie en miniature du visage du personnage, mais sans les bois. A l’instant où il le prend en main, le soldat a une vision de feu et de glace, de violence extrême. Puis l’image s’estompe…

Quelques mois plus tard, l’opération Barbarossa – l’invasion de l’URSS par la Wehrmacht – est lancée, qui fera des millions de morts, verra la défaite de l’Allemagne et la fin d’un cauchemar qui devait durer mille ans.

Werner y survivra, il a presque 100 ans aujourd’hui et sa mémoire est toujours vive (même si je ne comprends pas exactement à quelle “arme” correspond “der Fünf”). Quand il évoque sa rencontre, il insiste sur un détail qui peut paraître insignifiant mais l’avait marqué: la créature ne faisait pas crisser la neige verglacée sur laquelle il se déplaçait.

J’ai montré le petit crâne à divers spécialistes qui le datent de plus d’un millénaire. D’après eux, c’est une amulette  de l’ère “viking” qui représente le Jötunn (géant) Loki, le frère ennemi d’Odin.

 

 

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10/12/20