Fatschenkind Trösterlein

Poupée de l’Enfant Jésus (tissu, papier mâché, vers 1850 ou avant) portant un texte. “Statue bénite d’enfant Jésus de l’hospice des orphelines remplacée par une en cire, cadeau de Charlotte Dewite, ancienne orpheline carton pierre grande valeure (sic)”

et elle mit au monde son fils premier-né, et l’emmaillota, et le coucha dans la crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie.” (Luc 2:7)

Cet Enfant Jésus (ou « poupée de dévotion ») avait un usage principalement spirituel, éducatif et symbolique au sein de l’institution religieuse où il était conservé.

Ses fonctions principales comprenaient :

  1. Un support de dévotion et de prière (Art sacré)

Dans la tradition catholique des couvents et des hospices du XVIIIe et XIXe siècles, les statues ou poupées représentant l’Enfant Jésus servaient d’objets de méditation. Elles permettaient de contempler le mystère de l’Incarnation.

  • Ces poupées étaient souvent habillées, déshabillées et parées de vêtements en tissu selon le calendrier liturgique (notamment pendant la période de l’Avent et de Noël). Les bras articulés de ce modèle permettaient précisément de lui enfiler facilement de petits habits.
  1. Un outil pédagogique pour les orphelines

Le texte indique explicitement sa provenance de « l’Hospice des Orphelines ». Dans ces institutions gérées par des sœurs, l’Enfant Jésus était présenté comme un modèle de vertu, d’obéissance et d’innocence que les enfants devaient tenter d’imiter au quotidien.

  1. Un symbole de protection et de réconfort

Pour des enfants n’ayant plus de parents, la figure de l’Enfant Jésus représentait un compagnon spirituel et un protecteur. Dans certaines traditions monastiques, ce type d’objet est appelé un Trösterlein (« petite consolation »), une effigie que l’on pouvait serrer contre soi ou placer au chevet des enfants malades pour invoquer leur guérison.

  1. Un objet de passation et d’inventaire

L’inscription témoigne d’un usage institutionnel très précis : la poupée servait de repère historique pour la communauté. La note manuscrite fait office d’étiquette d’inventaire improvisée. Elle atteste que cette effigie en carton-pierre avait une telle importance (valeur sentimentale, historique ou religieuse) qu’elle a été précieusement conservée, restaurée, puis remplacée dans ses fonctions liturgiques quotidiennes par une poupée en cire plus moderne offerte par une bienfaitrice (« cadeau de Charlotte Devista »)

 

 

A partir du Moyen-âge, les religieuses qui entraient dans les ordres  recevaient une alliance symbolisant leur mariage avec Jésus Christ.

Comme elle ne pouvaient plus enfanter, on leur offrait parfois un “simulacre” qu’elles conservaient toute leur vie. Cet Enfant Jésus a joué ce rôle. Trösterlein signifie “petite consolation”.

Ci-dessous une version emmaillotée plus petite en cire.

On conservait aussi un Enfant Jésus dans la maison comme modèle religieux que les enfants devaient tenter d’imiter.

Une superstition veut que si l’on place un enfant malade près de l’Enfant Jésus d’une crèche, il guérissait quelque soit son état de santé.

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17/10/20