Bake Hiogi ou Furuôgi

La violence de la bourrasque nous prit par surprise.

Surtout qu’elle balaya l’intérieur du Surnatéum, renversant une partie de la collection japonaise.

Pourtant, même si la chaleur nous avait obligé à ouvrir quelques portes et fenêtres pour aérer le cabinet de curiosité, rien ne nous préparait à ça.

La casse était toutefois minime, rien d’irréparable, mais cela me donnait l’occasion de réaménager la section des tsukumogamis : les objets-kami.

En examinant les lieux, je me rendis compte que la rafale de vent ne pouvait provenir que de l’intérieur des lieux, c’était plutôt étrange, pour ne pas dire « magique ».

Le département de sorcellerie contenait bien une corde à emprisonner les vents, mais les nœuds étaient intacts.

Vu que les dégâts se situaient de manière très précise, je me tournais vers les esprits nippons, ils sont parfois facétieux. Ce genre d’incident pouvait être lié à un kami kaze (un kami du vent) ou à un éventail tsukumogami comme le Furuōgi ou Bake Hiogi.

Furuōgi ou « vieil éventail pliant ». Ce yōkai apparaît dans certains des plus anciens Hyakki yagyō emaki (les rouleaux enluminés décrivant la célèbre Procession nocturne des cent démons).

 

Peut-être celui de Matsue, la fille d’Isamu, antiquaire  d’Osaka. Ce dernier trouvait parfois d’étranges objets – comme une sirène ningyo – forts prisés par le collectionneurs de choses occultes.

La légende veut que cette jeune fille possédait un Bake hiogi – à l’aide duquel elle pouvait se rendre invisible ou modifier la taille des objets. L’objet se trouvait dans son kinchaku, son sac de transport. C’est un tsukumogami bienveillant dont les illustrations ont disparu depuis bien longtemps.

Pour un Conservateur, le message était clair : Bake Hiogi voulait être plus visible, avait envie de s’amuser et le faisait savoir.

Note: Le Tengu est souvent représenté avec un éventail de plumes, le Ha-Uchiwa.

 

Ningyo ou Feejee Mermaid

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04/06/20