Vous désirez plus d'informations ou réserver une soirée, n'hésitez pas à contacter le Surnateum par téléphone ( +32(0)496686470 ou +32(0)27626046 ) ou par mail

Vous avez envie de pratiquer l'illusionnisme différemment, d'avoir un close-up plus efficace, d'utiliser de vraies techniques underground à l'efficacité redoutable, de monter des spectacles...

Prenez donc contact avec nous, vous serez étonné de notre disponibilté.

Nous pouvons également effectuer des prestations en extérieur et prêtons parfois des objets sous certaines conditions.

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Christian Chelman est le Conservateur actuel du Surnatéum, un Cabinet de Curiosité essentiellement consacré aux magies qui hantent nos civilisations depuis l’aube de l’humanité. Christian Chelman se consacre entièrement à l'étude de la magie sous toutes ses formes.

Depuis des années, il explore autant l'illusionnisme et la prestidigitation dans leurs aspects les plus inconnus que la magie et la sorcellerie dans l'Antiquité, dans les sociétés secrètes et chez les peuples dits "primitifs." Attiré par les connaissances interdites, fasciné par les mythes, légendes et superstitions du patrimoine humain, il exhume de l'oubli d'étranges histoires. Comme Schliemann qui découvrit Troie dans la deuxième moitié du XIXe siècle, le Conservateur et ses collaborateurs traquent les objets de légende oubliés, enfouis sous la poussière des ans. Son étrange personnalité lui ouvre bien des portes, celles de bibliothèques occultes, de collections démoniaques, d'antres de magiciens maudits et de tripots infâmes...

Au cours de nombreux voyages, rencontres et recherches, il a rassemblé une unique collection d'artefacts magiques pour le compte du musée, preuves irréfutables de la présence du surnaturel et du fantastique au sein de nos sociétés. Cette collection se trouve à Bruxelles, au centre de l'Europe.

Christian Chelman, est l’auteur de plusieurs ouvrages traitant de l’illusionnisme contemporain : Capricornian Tales (USA), Légendes Urbaines (France), Compendium Sortilégionis (Suisse), Hauntiques (GB). Il est vainqueur du Tournoi de Magie Mc Millan à Londres en 1993 (un des plus grands tournois de magie rapprochée en Europe) avec le spectacle Delirium Magicum. Il donne des séminaires sur l’illusionnisme et travaille régulièrement au Magic Castle (Hollywood – USA). Monsieur Chelman se produit également comme illusionniste pour le milieu de l’événementiel et donne des séminaires sur la communication et la manipulation par le langage. Monsieur Chelman est un spécialiste du jeu des gobelets, outil principal de l’escamoteur. Il a produit une vidéo à l’attention des étudiants en illusionnisme à ce sujet.

Au sein du Surnatéum et parfois en extérieur, Christian Chelman conte et réactive les antiquités hantées pour le plus grand plaisir de ses invités.

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12/12/19

Gruss vom Krampus!

Le Conservateur fulminait !

Une émission à la télévision montrait une animation pour la fête de Saint Nicolas au musée de l’Afrique de Tervuren, dans laquelle on avait remplacé le Père Fouettard par un pseudo-évêque africain. Les gens se félicitaient de cette heureuse initiative. Le politiquement correct prenait des proportions insoutenables pour un historien qui tâchait de garder des traditions ancestrales.

Mais pour qui se prenaient ces gens !

Le Père Fouettard qui accompagnait le Saint n’avait rien à voir avec une pseudo-image du colonialisme, il était l’écho lointain d’un démon qui punissait les enfants pas sages. Dans les traditions d’Alsace, il se nomme Hans Trapp, en Flandres et aux Pays Bas c’est Zwarte Piet, Knecht Ruprecht en Allemagne, et Krampus, fils de la déesse Hel, dans d’autres régions germaniques.

Même si Zwarte Piet représentait un esclave noir avec un costume coloré, le personnage était beaucoup plus ancien et se présentait différemment dans diverses traditions..

On ne connait pas l’orgine exacte de ce mythe, mais il est préchrétien et fait partie des fêtes de l’hiver. Saint Nicolas récompense les enfants sages et Krampus les punit. Il peut s’agir d’un « Homme Sauvage » ou une réminiscence du Dieu Pan… Le Krampus est aussi fortement lié au Julbock, la chèvre du Dieu Thor des traditions scandinaves. Le Dieu Thor peut tuer ses boucs pour les manger et ensuite, les ressusciter comme Saint Nicolas.

Le Julbock est l’un des plus vieux symboles de Noël des pays scandinaves et du nord de l’Europe. On peut le traduire en français par bouc de Yule ou chèvre de Noël.

Son origine remonte bien avant l’ère chrétienne. Quand les boucs étaient liés au dieu Thor, qui voyageait dans le ciel tiré par deux d’entre eux. Il fut ensuite lié à la sorcellerie et au diable. En Finlande, le Julbock était connu comme une créature laide qui terrorisait les enfants.

Julbock (Uppland).png

À partir du xviie siècle, les paysans confectionnaient des petites chèvres en paille. Ce matériau leur rappelait la naissance du Christ, dans la mangeoire de la crèche et était disponible en grande quantité. Le soir venu, ils se déguisaient en boucs et allaient de maisons en maisons faire peur aux enfants. Après leurs passages, ils laissaient un de ces petits Julbock de paille ainsi qu’un petit morceau de papier sur lequel étaient écrites quelques rimes méchantes ou moqueuses.

Durant le xixe siècle, le rôle du Julbock changea et il devint celui qui distribuait les cadeaux. Les enfants tressaient leur chèvre de Noël avec des tiges séchées de blé et durant la nuit de Noël, celle-ci s’envolait et se rendait au pays des cadeaux pour chercher un présent. Aujourd’hui, le Julbock a été remplacé par le Julenisse, une sorte de lutin qui distribue les cadeaux. La chèvre est toujours présente et l’accompagne dans ses tournées.

Le Julbock est encore aujourd’hui une décoration de Noël populaire dans les pays scandinaves. (source: Wikipédia)

Masque de Julbock

Il y a un lien vraisemblable avec les antiques Saturnales, les fêtes du Dieu Saturne, la fête scandinave de Yule et de la Samain celtique. Après tout, Noël elle-même en est la version actuelle christianisée.

Après tout, Saturne mange ses enfants (comme dans le conte de Saint Nicolas), il porte des chaînes à Rome dont il est libéré durant les Saturnalia, il a une faucille qui ressemble fortement au crochet de Krampus. Comme les divinités romaines, il a deux aspects: positif et négatif.

Le 5 décembre, les démons descendent dans les villages et effrayent les enfants et les adultes. Certains masques en profitent également pour régler des comptes, et la fête peut devenir violente…

Nous gardons au Surnatéum, quelques éléments d’un costume provenant de Bavière, près de la ville d’Oberstdorf. Il y a une cape rouge rapiécée, un faisceau de verges pour fouetter, un gros grelot, des menottes très anciennes, des chaïnes avec des clochettes et une sorte de griffe monstrueuse qui rappelle les « pattes » de Krampus. Le nom de Krampus vient de l’allemand krampen : griffes. Nous avons ajouté un masque représentant le personnage, mais il ne fait pas partie de l’ensemble d’origine.

Légende autour de Krampus

Il y a aussi un cadeau et quelques cartes postales ayant appartenu à une certaine famille Müller de la région. Un patronyme assez courant, je pense que des bourgmestres locaux ont porté ce nom.

La famille concernée était nombreuse. Le mari était un notable respecté qui avait déjà six enfants et sa femme en attendait un septième pour le début du mois de janvier. Parmi les enfants, Hilde s’était avérée particulièrement désagréable cette année. La pimbêche* torturait mentalement la bonne, pinçait ses frères et sœurs, jouait des tours pendables aux voisins, mais personne n’osait lui faire de remarque. Elle savait manipuler son père qui la défendait en toute circonstance.

Elle avait même empoisonné le chien du voisin, Emil Wildermann, qui avait osé gronder devant elle.

Le 5 décembre, la fête de Krampus battait son plein dans la ville mais la gamine n’en avait rien à cirer. Elle ne croyait ni à Saint Nicolas, ni au Père Noël et encore moins à Krampus et n’hésitait pas à clamer que seuls les imbéciles pouvaient encore s’amuser avec ses traditions.

La maisonnée préparait cependant les fêtes dans une certaine fièvre, lorsqu’on frappa lourdement à la porte. La bonne alla ouvrir et eut un mouvement de recul. Une voix grave prononça le mot «Grüss» (bonjour). Elle ne voyait pas le visage du visiteur, caché par une houppelande rouge, mais elle lui répondit de la même façon. Une main griffue émergea de la cape et tendit un cadeau qu’elle prit avec précaution. Puis, le personnage s’éloigna et disparut…

Lorsque le père Müller demanda qui s’était présenté à la porte, la bonne, encore un peu secouée  par l’apparition lui montra ce que le visiteur avait laissé. A ce moment, Hilde bondit d’on ne sait où et sauta sur le présent. Elle arracha l’emballage du cadeau et déchiqueta la boîte en disant qu’il était pour elle. Le paquet ne contenait pas de trésor merveilleux ou de jouet fantastique, il n’y avait  un sabot fourchu de chèvre ou de sanglier, l’histoire n’est pas claire à ce propos.

La gamine eut une moue de mépris et jeta le sabot à la figure de la bonne avant de détaler ailleurs.

La nuit avant la fête de la Saint Nicolas, toute la famille alla dormir en attendant de découvrir les cadeaux du lendemain.

Le matin, les enfants se réunirent devant la porte du salon, plus impatients les uns que les autres. Seule manquait Hilde. On la chercha pendant des heures, elle avait disparu sans laisser la moindre trace. Sur son lit, on ne trouva qu’un grelot de belle taille sur lequel étaient inscrits les mots : « Grüss vom Krampus ». On finit par la retrouver morte, cachée dans un placard, les traits de son visage montraient qu’elle avait succombé à une terreur sans nom…

Le maquilleur des pompes funèbres eut un mal fou à lui redonner une expression paisible.

Depuis, dans la famille Müller, on utilise les cartes postales  dans une sorte de petit rituel pour s’assurer qu’aucun enfant ne risque de recevoir la visite du Krampus.

On pense que celui qui déballe le cadeau est maudit, mais le jeu – appelé « Grüss Krampus, Grüss Nikolo » – permet de pressentir ce que contient la boîte. Ensuite, libre à lui qui le reçoit d’ouvrir le paquet ou non…

 

*

  • D’une simplicité enfantine, elle dit tout ce qui lui passe par la tête, rit quand ça lui plaît. On peut en faire ce qu’on voudra. Elle deviendra une merveille ou une pimbêche, une pimbêche plutôt ! […] La morgue, l’affectation lui viendront on ne sait d’où. Prisonnière des leçons apprises par cœur, elle se cassera la tête pour savoir à qui, sur quel ton, combien de temps elle peut parler et quelle opinion elle doit avoir des gens. — (Nicolas Gogol, Les Âmes mortes, 1842 ; traduction de Henri Mongault, 1949)